Michaël Delafosse et l’immobilier à Montpellier

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le 07 juillet 2021

SOMMAIRE

Avec le nombre de population qui ne cesse d’augmenter, l’immobilier neuf à Montpellier devrait être à la tête de la liste des priorités de la Métropole. En effet, il est primordial de construire des logements neufs afin d’équilibrer l’offre et la demande, mais aussi de stabiliser les prix de l’immobilier dans le but de prévenir la formation d’une bulle spéculative. Le PLH prévoit la construction de 4 200 logements par an sur la ville et l’ensemble de la Métropole. L’accession à la propriété abordable reste également une problématique, notamment pour les ménages aux revenus modestes et intermédiaires. Pour faire face à la situation, Michaël Delafosse, maire de Montpellier et président de la Métropole, a mis en place une nouvelle politique de l’urbanisme. Une série de mesures ayant pour objectif de réguler la location de logements meublés touristiques, une activité qui entraîne des perturbations au niveau du marché de l’immobilier de la Ville, a également été votée par le conseil municipal de Montpellier.

© Mike Workman - Shutterstock

Régulation des locations de meublés touristiques dans la Métropole de Montpellier

La Métropole montpelliéraine a mis en place de nouvelles règles dans le but de lutter contre le développement des locations de meublés de tourisme. Ce genre de location a fait un bond de 37 % à Montpellier en 2019. D’après Trackeet (moteur de recherche), plus de 16 000 annonces seraient parues sur de nombreuses plateformes sur l’ensemble de la Métropole depuis l’année 2018. Aux manettes depuis bientôt un an, le nouveau maire de la Ville, Michaël Delafosse, avance sa politique d’aménagement urbain. Conscient de la tension immobilière qui règne à Montpellier, il ne mâche ni ses mots ni ses idées et envoie des messages clairs à tous les acteurs du secteur de l’immobilier : promoteurs, bailleurs…

Soutenir les professionnels de l’hôtellerie

Avec l’accroissement des locations de type Airbnb (plus de 5 000 logements à Montpellier), lutter contre « le bruit des valises et les cadenas qui fleurissent dans l’Écusson », a toujours été le combat du maire et président de Montpellier Méditerranée Métropole, Michaël Delafosse. L’objectif de ce dernier étant de soutenir les professionnels qui œuvrent dans le domaine de l’hôtellerie, il ajoute qu’ « il est temps de mettre de l’ordre à l’égard de l’ubérisation de la société ». Le conseil de la Métropole a donc décidé d’aligner la taxe de séjour concernant les locations « meublés de tourisme » (avec une hausse de 3 à 5 %) sur la taxe payée par les hôteliers. Toutes les communes pourront alors adopter des mesures adéquates pour réguler ce type de location.

Michaël Delafosse souligne que les propriétaires peuvent, bien évidemment, louer leur bien pour bénéficier de revenus complémentaires. Toutefois, il ajoute que louer un bien sur des plateformes comme Airbnb, Booking ou encore Leboncoin et en faire une activité professionnelle représente une concurrence déloyale, notamment contre les professionnels de l’hôtellerie qui forment des jeunes aux métiers du secteur et qui font des efforts pour exceller dans le domaine. De son côté, le président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih) de l’Hérault, Jacques Mestre, est entièrement satisfait de ces nouvelles mesures prises par la Ville. « C’est ce que l’on demandait depuis deux ou trois ans », ajoute-t-il.

Déstabilisation du marché immobilier local

Le développement non maîtrisé de ces meublés touristiques entraîne également la déstabilisation du marché immobilier à Montpellier. En effet, les locations de ce type participent à la flambée des prix dans le secteur de l’immobilier, avec une hausse de plus de 6,5 % en 2020. Pour y remédier, Montpellier a suivi les pas de la capitale française, en imposant des contraintes aux propriétaires qui proposent une location de courte durée. Michaël Delafosse affirme que « la règle est très claire et drastique comme à Paris ».

Les propriétaires de biens immobiliers pourront donc continuer à mettre leur résidence principale en location pour une durée inférieure à 120 jours/an. Pour les résidences secondaires, la mise en location est limitée à une par foyer fiscal durant une période limitée à six ans et en respectant certaines règles. Le changement d’usage d’un logement en activité commerciale de location de meublé touristique devra alors faire l’objet d’une compensation. Chaque logement mis en location devra également être enregistré auprès de la Ville afin que les responsables puissent vérifier le paiement de la taxe de séjour, mais aussi contrôler le respect du nombre de jours de locations maximum autorisé.

© Mike Workman - Shutterstock

Des amendes en cas de non-respect des nouvelles règles

Les nouvelles mesures votées par le conseil municipal de Montpellier pour réguler la location de logements meublés à des touristes permettent de soutenir les professionnels de l’hôtellerie, mas aussi de limiter les conflits de voisinage, de réduire la pression sur le marché locatif local et de lutter contre les spéculateurs dans le secteur de l’immobilier. La ville de Montpellier rappelle que les amendes seront salées en cas de non-respect de ces nouvelles règles qui touchent la location de biens immobiliers. Pour le non-respect de la procédure de changement d’usage, la personne concernée pourrait payer jusqu’à 50 000 euros d’amendes, jusqu’à 80 000 euros pour de fausses déclarations et manœuvres frauduleuses, voire un an d’emprisonnement. Cependant, la série de mesures votée par le conseil municipal sera soumise à l’approbation du conseil métropolitain le 28 juillet prochain.

Montpellier : une crise de l’offre immobilière qui risque d’être durable

Victime de son attractivité, Montpellier fait face, depuis de nombreuses années, à un véritable déficit de biens immobiliers proposés à la location comme à la vente. En effet, la cité montpelliéraine se trouve régulièrement en tête des palmarès des villes où investir, et attire, chaque année, de nouveaux habitants. Pour Montpellier, cette ville aux mille et un atouts, le nouveau maire, Michaël Delafosse, opte pour une mesure d’évolution chargée d’histoire. Il ajoute que « c’est une ville du Moyen-Âge, prospère dès le départ et profondément cosmopolite ». Les principaux enjeux de la ville sont à la fois écologiques et démographiques, avec plus de 8 000 nouveaux habitants par an sur l’ensemble de la Métropole.

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En plus du problème lié à la location de logements meublés pour les touristes, les résidents de la ville peinent à trouver un logement. D’après Maryse Faye, élue à l’urbanisme durable, plus de 250 000 demandes de logements sociaux par an ont du mal à être honorées à Montpellier. Le président de la Fédération des Promoteurs Immobiliers Occitanie-Méditerranée, Laurent Villaret, a aussi évoqué la « vraie crise de l’offre en logement collectif neuf ». Le prix de l’immobilier a également progressé autour de 7 % sur un an. Pour un bien sur le marché de l’ancien, par exemple, il faudra prévoir, en moyenne, plus de 3 000 €/m2, en fonction de la typologie du bien et du quartier dans le lequel il est implanté. Christian Lepeytre, dirigeant de la société Anthinea et correspondant régional du fichier AMEPI, affirme que les demandes ne cessent d’augmenter pour les biens immobiliers possédant des espaces extérieurs ». Un référentiel unique afin de garantir des logements à prix abordable parmi la production de logements neufs a été mis en place et voté par les élus de la Métropole. Les prix seront alors nettement inférieurs à ceux des biens du marché. Dans le cadre de ce référentiel, le prix de production d’un logement composé de deux pièces et qui dispose d’une surface de 48 m2 ne devra pas dépasser 132 000 € et pas plus de 264 000 € pour un logement qui comporte cinq pièces.

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