Ville résiliente : Montpellier 3M labellisée Fab City

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Avatar de l'auteur "Sophie Castella" Sophie Castella

le 24 septembre 2021

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Candidature retenue ! Montpellier a officiellement rejoint le cercle des 40 autres villes résilientes du monde lors du Fab City Summit qui se tenait à Montréal du 13 au 15 août dernier.

Concept né il y a tout juste 7 ans, la Fab City se veut auto-suffisante et connectée tout en favorisant l’économie circulaire. Un pas de plus pour Montpellier qui tend plus que jamais à atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. De multiples ambitions, notamment au niveau urbain, auxquelles participent activement les professionnels de l’immobilier neuf à Montpellier pour façonner la ville de demain.

Mais qu’est-ce qu’une Fab City ? Sur quels fondements s’appuie-t-elle ? Quels défis l’urbanisme de nos villes doit-il relever ?

Qu’est-ce qu’une Fab City ?

C’est à l’instigation de Fab City Global Initiative et Tomás Diez, Directeur du Fablab de Barcelone, qu’est né le concept de la Fab City. L’idée avait été lancée lors de la Fab7 à Lima en 2011 et présentée au gouvernement barcelonais.

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Liées au mouvement des fablabs, en français “laboratoire de fabrication”, ces villes s’inspirent de techniques innovantes pour ”créer la ville, la région et le pays de demain”.

Pour ce faire, l’accent est mis sur la transformation de la manière dont les matériaux sont obtenus et utilisés. Pour mieux définir les ambitions de ces villes résilientes, un manifeste a d’ailleurs été rédigé et signé par plusieurs métropoles européennes dont Paris, Toulouse et Brest. Celui-ci se fonde sur 10 points essentiels à intégrer :

Le portrait de Tomás Diez

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Originaire du Venezuela, cet urbaniste est arrivé à Barcelone il y a près de 10 ans avec l’ambition de travailler pour l’Institute for Advanced Architecture of Catalonia, alors l’idée de créer des fablabs à Barcelone était déjà envisagée. Choisi pour piloter le projet, Diez y a vu une réelle opportunité de faire évoluer la ville en transformant de manière radicale la manière que l’on a “de vivre sa ville”.

13 entreprises montpelliéraines s’associent au projet de la Fab City

« À Montpellier comme ailleurs, la jeunesse marche pour le climat. Elle exige que nous changions notre modèle de développement pour être davantage respectueux de notre planète car il n’y a pas de planète de rechange... »

Michaël Delafosse, Maire de la Ville de Montpellier et Président de Montpellier Méditerranée Métropole

Ce n’est pas une candidature spontanée quand on connaît l’étendue du réseau d’ateliers et de fablabs déjà présents à Montpellier. Pour répondre aux nouveaux objectifs de la Fab City, un consortium s’est créé et s’est engagé à porter fièrement l’initiative. Parmi ses membres, Montpellier 3M pourra compter sur 13 entreprises :

Comment l'urbanisme doit-il s’adapter ?

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À l’heure où la demande de logements est de plus en plus marquée dans les grandes métropoles, l’aménagement urbain et les modes de construction actuels peinent à fournir les efforts nécessaires à la diminution du bilan carbone.

Et si la récente RE2020 a en enclenché de nouvelles initiatives pour construire mieux et durable, les matériaux utilisés et la distance qu’ils parcourent posent encore problème. D’où la nécessité d’aller vers des schémas de production et de consommation plus vertueux, proposés par le modèle de la Fab City.

Valoriser les ressources disponibles de nos villes

Pour éviter de délocaliser à tout va et de relocaliser la production des ressources, une ville résiliente se devra de valoriser ses propres ressources disponibles.

Pour relever le défi, l’architecte Minh Man Nguyen, architecte et co-fondateur de l’agence d’architecture WAO, souligne l’importance de développer des “technologies de pointe qui optimisent la production et qui peuvent permettre de faire émerger des solutions circulaires”, justement en travaillant avec des fablabs et des acteurs de l’innovation.

L’idée est aussi de recueillir et de mettre en commun les initiatives citoyennes et locales. Les citoyens doivent véritablement se réapproprier les notions de “production” et de “fabrication” pour construire une ville plus auto-suffisante.

Développer les circuits courts

C’est un des grands fondements des Fab Cities : “faire voyager les données et non plus les produits”. Par données, on entend l’expérience et non plus l’échange de biens physiques. Une économie circulaire donc.

L’économie circulaire désigne un système économique, de production et d’échange dont l’objectif est d’augmenter l’efficacité de l’utilisation des ressources pour réduire l’impact sur l’environnement.

L’exemple du projet REFLOW

Financé par l’EU H2020, le projet REFLOW a pour ambition de développer des villes circulaires et régénératrices en intégrant directement les citoyens à la démarche. Pour ce faire, REFLOW utilise les fablabs et les divers espaces existants pour amorcer les changements dans les environnements urbains et périurbains.

Le concept reprend tous les objectifs dictés par la Fab City.

Le projet a été expérimenté dans 6 villes pilotes européennes dont Paris, Berlin, Velje, Cluj-Napoca, Milan et Amsterdam. À travers cette expérimentation, REFLOW veut participer à l’évolution du métabolisme des villes pour en faire des lieux de résilience énergétique et matérielle.

Plus précisément, REFLOW fournira des systèmes de gestion de ressources en temps réel afin de surveiller les flux de matières dynamiques des villes (textiles, plastique, agroalimentaire, l’énergie, la déperdition thermique du réseau de chauffage urbain et le bois dans la construction temporaire).

Le concept de ville résiliente déjà bien éprouvé à Montpellier

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On appelle “ville résiliente”, une ville qui a développé une capacité à s’adapter à tous les aléas qui peuvent l’affecter. Plus flexible et mutable que la “smart city”, la ville résiliente adopte un modèle de fonctionnement qui corrèle avec son propre métabolisme et ses propres problématiques.

107,9 M€ consacrés à la transition écologique à Montpellier en 2021

Ce budget pharaonique affiche les ambitions de la nouvelle politique montpelliéraine : construire la ville de demain tout en la rééquilibrant et en mobilisant davantage ses ressources. Ambition affichée par Michaël Delafosse, la priorité est véritablement à la construction d’une Montpellier durable.

6,8 M€ seront consacrés au développement durable et à l’environnement en 2021.

Outre les dépenses liées à la végétalisation à la transition énergétique, Montpellier veut aussi mettre l’accent sur le réemploi et le maintien de la stabilité financière des ménages.

Des actions en faveur d’une ville “solidaire”

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C’est l’un des piliers du mandat Delafosse : faire de Montpellier une ville solidaire. Concept à la mode mais à la fois assez flou, la ville solidaire agit en faveur de la mixité sociale et veut offrir à chacun la liberté de s’épanouir. La construction d’une ville solidaire doit nécessairement passer par la valorisation de ses espaces publics, refuser le gaspillage des ressources naturelles et de l’espace urbain et rural et donner la priorité aux transports doux.

Montpellier a consacré 3 M€ pour le développement d’épiceries sociales et solidaires, 12,6 M€ pour le Centre Communal d’Action Sociale et 2 M€ pour les travaux de proximité concertés avec les citoyens.

Pour associer les Montpelliéraines et les Montpelliérains, des conseils de quartiers seront remis en place ainsi qu’une consultation citoyenne pour le réaménagement de la Place de la Comédie.

Montpellier.fr

La résilience des villes bientôt exigée par la loi

Évoqué dans le projet de la loi Climat, la notion de résilience fera d’ici très peu de temps partie intégrante des textes de loi. Largement inspiré de 150 propositions citoyennes, le texte n’est pourtant pas encore à la hauteur selon certaines ONG environnementales et élus écologistes.

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