CHU de Montpellier : les nouveaux bâtiments d'Arnaud-de-Villeneuve sortent de terre
SOMMAIRE
- Deux premières pierres au même endroit, un seul hôpital concerné
- Femme-Mère-Enfant : une IRM réservée aux enfants
- Cœur-Poumons-Vaisseaux : le gros morceau du chantier
- Qui paie ? Le Ségur, l'Europe, et un solde à combler
- Trois dates pour une livraison, et un horizon qui se dérobe
- Hôpitaux-Facultés, le quartier qui concentre emploi et études
Le 28 septembre 2026, le CHU de Montpellier a posé deux premières pierres à quelques dizaines de mètres d'écart, sur son site Arnaud-de-Villeneuve. L'une pour la femme et l'enfant, l'autre pour le cœur et les poumons. Près de 100 M€ au total, et des travaux qui ne s'achèveront pas la même année.
Deux premières pierres au même endroit, un seul hôpital concerné
Le site Arnaud-de-Villeneuve occupe le nord de Montpellier. L'hôpital y prend en charge la femme et l'enfant, la cardiologie et la pneumologie. C'est là que le CHU a lancé ses extensions, en présence de sa directrice générale Anne Ferrer et du maire de Montpellier, Michaël Delafosse, également président du conseil de surveillance.
Hôpitaux, facultés, laboratoires : ce secteur cumule les fonctions qui font tourner la ville, il va donc de soi que ce soit un secteur attractif avec des logements neufs qui sortent de terre réguilèrement. Les travaux du premier site ne concernent qu'Arnaud-de-Villeneuve, à ne pas confondre avec Lapeyronie, Gui-de-Chauliac ou La Colombière, et les montants annoncés ne couvrent que ces deux extensions.
Ces extensions « donnent surtout un nouveau souffle à deux filières déterminantes de notre établissement » selon Anne Ferrer, directrice générale du CHU de Montpellier (le 28 septembre 2026, Hérault Tribune).
Environ 10 500 m² d'extensions et près de 100 M€ engagés sur le seul site Arnaud-de-Villeneuve.
Femme-Mère-Enfant : une IRM réservée aux enfants
La première extension est la plus petite et la plus avancée. Elle couvre environ 2 850 m², pour un investissement que le CHU estime à 37,9 M€. Les perspectives diffusées portent la signature du Studio Alagheband.
Le rez-de-chaussée regroupera les consultations spécialisées de gynécologie-obstétrique, organisées en filières distinctes : grossesses complexes, urgences, cancers féminins, diagnostic prénatal. À l'étage, les spécialités pédiatriques aujourd'hui dispersées dans le bâtiment seront réunies, consultations et explorations fonctionnelles comprises.
L'équipement le plus visible pour les familles sera une IRM dédiée aux enfants et à l'imagerie prénatale. Pour le chef de pôle Guillaume Captier, cette extension ouvre une séquence de modernisation de locaux qui ont vieilli.
L'opération a pris la forme d'un marché global sectoriel de conception-réalisation. L'avis de consultation est parti au BOAMP le 30 janvier 2024 sous le numéro 24-10809, avec une valeur estimée de 8,5 M€ hors taxes. Le CHU a retenu Sogea Sud Bâtiment le 12 juin 2025, puis conclu le marché le 21 août 2025 pour 9 951 447,21 €, d'après l'avis d'attribution publié en septembre 2025.
Les 37,9 M€ annoncés et les 9,95 M€ du marché ne mesurent pas la même chose. Le second ne paie que la conception et la construction du bâtiment. Le premier correspond au coût d'opération avancé par le CHU, études, équipements et aléas compris. Aucun document public ne détaille l'écart.
Le déménagement des consultations ouvrira la voie à une deuxième série de travaux : réorganisation des urgences gynécologiques, de la réanimation et des soins critiques néonataux et pédiatriques, puis modernisation des hospitalisations de maternité, de chirurgie gynécologique et de pédiatrie.
Cœur-Poumons-Vaisseaux : le gros morceau du chantier
La seconde extension change d'échelle : quelque 7 640 m² sur six niveaux, pour 58,8 M€ hors équipements. Les images diffusées par le CHU créditent TLR Architecture.
Son programme est large, et c'est une erreur courante que de le résumer à la cardiologie. Le pôle couvre aussi le respiratoire, le vasculaire, l'oncologie thoracique et la réanimation, toutes concernées par l'extension.
- Réanimation : de 16 à 20 lits
- Soins intensifs polyvalents : de 8 à 12 lits
- Salles interventionnelles : sept, dont un scanner 4DCT
- Bloc cardio-thoracique et vasculaire : deux salles de plus
- Oncologie thoracique : une unité élargie
- Soins intensifs de cardiologie et de pneumologie : agrandis
Le chef de pôle Philippe Godard insiste sur un point moins spectaculaire que les plateaux techniques : la climatisation du bâtiment existant, dont ses patients cardiaques et respiratoires subissent l'absence chaque été. La modernisation doit la traiter en même temps que les nouveaux mètres carrés.
Chaque extension sert aussi de tiroir. Les équipes s'installent dans le neuf, l'étage vidé est refait, puis réoccupé, sans interrompre l'activité. C'est l'argument central de la direction : construire pour pouvoir réparer.
Qui paie ? Le Ségur, l'Europe, et un solde à combler
Sur les 58,8 M€ du pôle Cœur-Poumons-Vaisseaux, 41,8 M€ proviennent de crédits du Ségur de l'investissement, le volet immobilier du Ségur de la santé. Soit plus de sept dixièmes de l'opération, et 17 M€ à trouver ailleurs.
L'État soutient le schéma directeur immobilier et énergétique à hauteur de 235 M€, pour un projet d'établissement et un schéma immobilier chiffrés ensemble à 738,7 M€ d'ici 2031. La Ville de Montpellier résumait le solde en octobre 2023 : il reste 500 millions d'euros à trouver.
Une partie de ce solde passe par l'emprunt. Le 26 novembre 2025, la Banque européenne d'investissement a signé un prêt de 80 M€ pour la modernisation du CHU, réparti entre 64 M€ au titre de la santé et 16 M€ au titre de l'enseignement. Le périmètre compte : la fiche du projet porte sur un programme pluriannuel réparti sur plusieurs bâtiments du campus, et non sur les seules extensions d'Arnaud-de-Villeneuve. Elle en évalue le coût total à environ 360 M€.
Trois dates pour une livraison, et un horizon qui se dérobe
Les livraisons ne seront pas simultanées, et les dates annoncées ne concordent pas toujours. Pour le pôle Femme-Mère-Enfant, les comptes rendus du 28 septembre divergent : Hérault Tribune annonce une réception en juin 2027, L'Essentiel une livraison en septembre 2027. Ni l'un ni l'autre ne précise s'il parle de la réception du bâtiment ou de la mise en service des activités.
Un troisième jalon figure dans les documents de marché : la durée contractuelle court jusqu'au 31 mars 2028, garanties comprises. Retenir 2027 pour l'ouverture reste raisonnable, sans en faire une date ferme.
Pour le pôle Cœur-Poumons-Vaisseaux, le chantier doit se poursuivre jusqu'en 2028 selon les comptes rendus de la cérémonie. Un horizon 2030 circule toutefois dans certaines communications de l'établissement, sans que les documents consultés permettent de trancher.
Hôpitaux-Facultés, le quartier qui concentre emploi et études
Ces chantiers se déroulent dans le quartier Hôpitaux-Facultés, au nord de Montpellier. Le CHU y est voisin de la faculté de médecine, installée sur le campus Arnaud-de-Villeneuve dans un bâtiment de 11 440 m² dimensionné à sa livraison pour plus de 3 600 étudiants.
Le CHU se présente comme le premier employeur de l'Hérault et comptait 12 000 agents en 2023. Internes, étudiants en santé, soignants en mobilité : ces effectifs alimentent une demande locative durable. Pour les éventuels acheteurs ou investisseurs, le quartier fait partie des zones les plus attractives de la ville, à voir maintenant selon les prix de l'immobilier neuf à Montpellier, qui varient fortement d'un secteur à l'autre.
La ligne 1 du tramway dessert le site, aux arrêts Lapeyronie et Occitanie. Cette desserte et la proximité du campus orientent beaucoup de bailleurs vers de petites surfaces meublées et résidences étudiantes, dont la fiscalité relève de l'investissement locatif meublé. Toutes les adresses du secteur ne se valent pas pour autant, et un chantier hospitalier a ses nuisances.
Hervé Koffel
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