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Municipales 2020 : Rénover ou construire ? Il faut choisir!

Publié le 27 février 2020 par
Caroline Tison
Caroline

Avec ses plus de 282 000 habitants, la ville de Montpellier est en passe d’élire un ou une nouvelle Maire. Depuis 2014, Philippe Saurel officiait à la Mairie montpelliéraine. Ce chirurgien-dentiste multi-diplômé se représente par ailleurs en cette année 2020 aux municipales afin de poursuivre ses engagements pour la ville.

Parmi les 11 candidats en lice, certains s’organisent autour de l’écologie, du féminisme mais également des projets urbains. Si la plupart s’opposent au projet Ode à la Mer, d’autres voudraient aussi privilégier la rénovation des logements au détriment des nouvelles constructions.

Hôtel de ville de Montpellier
@ Jean-Baptiste Maurice on Flickr

Nous vous proposons ici un petit tour d’horizon des différents programmes des candidats en matière d’immobilier et d’urbanisme.

Des ambitions disparates : entre rénovation et construction

Si le dernier sondage en date en vient à la conclusion que Clothilde Ollier sortirait vainqueur de ces municipales (Harris Interactive – 7-11 janvier 2019) au second tour, il n’en reste pas moins que les scores restent serrés entre l’écologiste et le Maire sortant se réclamant de la Gauche.

À Montpellier, concernant le marché immobilier, un constat peut d’ores et déjà être énoncé. Le gap entre l’offre et la demande tend à se creuser avec des mises en ventes qui se raréfient et qui donnent lieu à la chute des stocks théoriques déjà bas et qui, eux-mêmes, entraînent une hausse des prix. Cet effet “boule de neige” a non seulement un impact sur le logement montpelliérain mais détermine aussi les actions envisagées de chaque candidat à la Mairie afin de redresser la situation du logement.

Le logement montpelliérain, entre faire et refaire

En ce qui concerne la thématique du logement, Patrick Vignal milite pour une ville “Woman Friendly”. Parmi la multitude de propositions en faveur de la gente féminine, le candidat La République en Marche promet de réserver des quotas de logements au sein des gros programmes immobiliers à destination des femmes en difficultés. De même, il souhaite faciliter l’accès au logement pour les familles monoparentales et créer des États généraux sur l’égalités Femmes-Hommes à propos de l’accession à la propriété.

Dans la même veine, Alenka Doulain désire, quant à elle, se concentrer sur le logement digne et mettre ainsi en commun des logements vides tout en mettant l’accent sur les rénovations des bâtiments.

Mohed Altrad privilégie, lui aussi, la rénovation du bâti et des quartiers plutôt que l’expansion des villes et la prolifération des constructions. Suivant cette idée de réhabilitation, Clothilde Ollier ambitionne de redynamiser le centre-ville de Montpellier par la restauration et la modernisation des rues de l’Écusson. Dans le but de promouvoir les mobilités propres et de limiter la pollution urbaine par les automobilistes, la candidate écologiste prévoit la création de places de stationnement pour les vélos.

Si M. Altrad est favorable aux rénovations, il propose néanmoins la réalisation de nouvelles résidences étudiantes financées en relation avec la CAF. Il présenterait également un moratoire de 10 ans concernant toute création de nouvelles zones commerciales. Il voudrait aussi réduire la fiscalité en baissant les taux communaux.

Pour Michaël Delafosse, il faut pratiquer l’encadrement et le plafonnement des loyers. Aussi, il prévoit de réaliser un projet ambitieux et structurant sur le site du stade de la Mosson.

Concernant Philippe Saurel, il se montre en accord avec la réhabilitation du centre-ville avec, notamment, le projet “Places à tous” qui consiste à réaménager l’épicentre de Montpellier composé de la Place de la Comédie, l’Esplanade Charles de Gaulle ainsi que la dalle du Triangle.

Opéra de Montpellier, place de la Comédie
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L’édile souhaite par ailleurs transformer le parking des Arceaux en parc urbain et lancer un grand plan de rénovation de la Mosson et des Cévennes, avec l’ouverture de “Maisons de projet”. Réhabiliter les archives municipales, le Carré Sainte-Anne et la chapelle des Récollets aux Beaux-Arts, figure également au programme. Enfin, ce dernier mentionne le fait d’aider les ménages les plus vulnérables à rénover thermiquement leur logement.

Toutefois, le Maire sortant, qui a été fait Chevalier de la Légion d’Honneur en 2013, a renoncé à la création de logements sur le parc Montcalm alors que la ZAC de la Restanque proposera finalement 40 % de logements en moins que prévu. En effet, la Zone d’Aménagement Concerté devait accueillir initialement quelques 12 000 logements qui ne sont plus qu’au nombre de 7 500. Pour ce qui est du parc Montcalm, la décision a été prise de réaménager les équipements sportifs et de revégétaliser les espaces verts. En revanche, le projet de construire quelques 600 logements a été abandonné.

Si Philippe Saurel se met au vert, Rémi Gaillard, quant à lui, a créé la surprise en se présentant à ces élections. Le trublion de Youtube s’est déclaré en décembre 2019 en se qualifiant d’emblée de “clown”. En matière de logement, le vidéaste humoriste axe ses engagements sur l’écologie et le développement durable en préconisant la pose de panneaux photovoltaïques sur les bâtiments. Il imposerait également aux promoteurs la plantation d’un arbre tous les 10 m2 construits.

Une problématique épineuse a vu le jour en ce qui concerne la friche du Guesclin sur laquelle devait s’implanter une résidence étudiante. Face à la grogne des écologistes et des riverains, Jean-Louis Roumégas propose une solution végétalisée de l’îlot avec la création d’un corridor de la biodiversité qui viendrait en réponse au changement climatique.

Ode à la Mer, un projet urbain qui divise

Nombre de concurrents s’opposent au projet d’Ode à la Mer, soutenu par le Maire sortant. Initialement pensé pour restructurer le Fenouillet, Ode à la Mer se concentre désormais autour d’un grand centre commercial qui réunira les magasins des zones vieillissantes du Fenouillet, du Solis ainsi que du Soriech. Située entre Lattes et Pérols, Ode à la Mer devrait regrouper non seulement des lieux de shopping mais également des bureaux d’entreprise implantés parmi des zones de loisirs dédiés aux sports, au surf ou encore au cinéma.

La crainte principale est que ce parc d’activités commerciales vampirise l’économie du centre-ville de Montpellier. La seconde, est celle qui concerne la pollution engendrée par l’augmentation du trafic routier.

Michaël Delafosse propose de remplacer ce projet par un nouveau stade et de déplacer les petits commerces qui devaient s’y installer avenue Raymond-Dugrand. Pour Alenka Doulain, tête de liste de #NousSommes, ce projet est qualifié “d’hérésie écologique” et de “fuite en avant destructrice pour le commerce de proximité et l’économie locale”. Même son de cloche chez Alex Larue (LR) ou Olaf Rokvam (RN) qui dénoncent l’aberration de ce projet dangereux économiquement pour le centre-ville ainsi que d’un point de vue écologique.

La mobilité : un enjeu majeur pour le futur Maire

Une ville engorgée. Voici ce à quoi Montpellier ressemble actuellement selon les habitants. Effectivement, 75 % utilisent encore leur voiture pour se rendre sur leur lieu de travail contre 10 % seulement qui empruntent les transports en commun. Hissée au rang de 7è ville de France, Montpellier doit, de toute urgence, mettre en accord chacune de ses infrastructures avec ce nouveau statut national.

La ligne 5 du tramway est en retard de 8 ans sur le calendrier initial de livraison. S’étendant de Clapiers à Lavérune, cette ligne devrait alors ouvrir en 2025.

Le tramway coloré de Montpellier
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Le Pont Gennevaux

Afin d’endiguer une partie des embouteillages montpelliérains, une stratégie de contournement de l’Ouest de la ville a été pensée par P. Saurel avec l’édification du Pont Maurice Gennevaux. Ce viaduc s’inscrit dans le cadre de la cinquième ligne de tramway mentionnée précédemment et une multimodalité a été évoquée pour à la fois le tramway, les vélos et les voitures.

Néanmoins, ce pont divise plus qu’il ne rassemble puisque pour #NousSommes, il est le “symbole d’une politique d’un autre temps”. Quant à Clothilde Ollier, elle stopperait cette “nouvelle autoroute”.

À l’instar d’Ode à la Mer, le Pont Gennevaux ne fait pas non plus l’unanimité, ce qui n’arrange pas les affaires du Maire sortant dont les idées n’adhèrent définitivement pas à celles de ses opposants.

Un bilan saurelien mitigé

Philippe Saurel, Maire sortant de Montpellier
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Le mandat de Philippe Saurel n’aura pas été de tout repos. Divers reproches lui ont été faits. Cependant, on ne peut décemment pas lui enlever quelques actions qui ont été bénéfiques à la ville et ses habitants.

En outre, les contribuables montpelliérains n’ont pas subi d’augmentation de leurs impôts depuis 6 ans. Il s’y était engagé, Philippe Saurel s’y est tenu.

Par ailleurs, la rénovation des rues du centre-ville a été entreprise, notamment au niveau de la Grand-Rue Jean Moulin et de la rue du Faubourg du Courreau. De même, plusieurs projets d’aménagement urbain ont été engagés au sein des quartiers Figuerolles et Celleneuve.

Lors de ce mandat, Montpellier a vu naître le Centre d’Art Contemporain, le MoCo (pour Montpellier Contemporain), qui accueille des collections mondiales, privées ou publiques. Cette institution participe désormais au rayonnement culturel de la capitale héraultaise.

En ce qui concerne la thématique du logement, la part des logements sociaux s’élevait à 22,8 % en 2016 et se rapproche de la cible des 25 % à respecter selon la loi Solidarité et renouvellement urbain. Entre 2014 et 2018, la commune a augmenté le taux de construction d’habitations de plus de 27 %. Montpellier compte d’ailleurs 62 % de propriétaires parmi les résidences principales.

En 2018, ce sont 4 027 logements qui ont été autorisés contre 3 152 en 2014 et 2 610 en 2009.

Mais comme toute mission limitée dans le temps, quelques couacs se sont glissés durant cette période. Notamment, un calendrier de livraison repoussé en ce qui concerne le futur stade de football ainsi que pour celui de la station d’épuration Marea.

De même, la nouvelle gare TGV de Montpellier Sud de France a fait couler beaucoup d’encre. Située à 6 km du centre-ville et à une quarantaine de minutes en transports en commun, soit au milieu de nulle part, cette récente infrastructure flambant neuve brille par ses défauts en termes d’accessibilité.

Il ne restera plus au nouveau Maire qu’à intégrer cette station ferroviaire à un projet urbain de plus grande envergure afin qu’elle soit agrémentée de commerces et services de proximité.

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