Habiter autrement à Montpellier

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Avatar de l'auteur "Caroline Tison" Caroline Tison

le 10 août 2020

SOMMAIRE

Les formes d’habitat se diversifient en France et tendent à se métamorphoser. De plus en plus, nous rencontrons des modes de vie qui allient valeurs collectives et écologie. Ces manières de vivre vont donc dans le sens des principes sociaux et de partage ainsi que des enjeux d’aujourd’hui et demain en matière d’écoresponsabilité.

Parmi ces nouvelles façons d’habiter, trois se démarquent : l’habitat participatif, le coliving et l’habitat intergénérationnel. Bien différentes des habitudes traditionnelles et individuelles, ces modes d’habitat nous rendent curieux. Montpellier est une ville exemple pour ces nouvelles formes d’habitat. Comment l’immobilier neuf à Montpellier s’adapte à ces nouveaux modes de vie ?

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L’habitat participatif

Chaque année en France, des journées nationales et européennes de l’habitat participatif sont organisées. Né au 20e siècle, ce mode de vie s’est développé dans l’hexagone sur la base d’une démarche citoyenne. Celle-ci consiste en un regroupement de personnes qui envisagent leur logement autour de pièces privatisées mais également d’espaces mutualisés.

« […] une démarche citoyenne qui permet à des personnes physiques de s'associer, le cas échéant avec des personnes morales, afin de participer à la définition et à la conception de leurs logements et des espaces destinés à un usage commun, de construire ou d'acquérir un ou plusieurs immeubles destinés à leur habitation et, le cas échéant, d'assurer la gestion ultérieure des immeubles construits ou acquis. « En partenariat avec les différents acteurs agissant en faveur de l'amélioration et de la réhabilitation du parc de logements existant public ou privé et dans le respect des politiques menées aux niveaux national et local, l'habitat participatif favorise la construction et la mise à disposition de logements, ainsi que la mise en valeur d'espaces collectifs dans une logique de partage et de solidarité entre habitants. » article 47 de la loi ALUR, chapitre 6 : Créer de nouvelles formes d’accès au logement par l’habitat participatif.

La métropole de Montpellier est un exemple d’habitat participatif français. Au sein de l’agglomération, les projets sortent de terre depuis quelques années maintenant. Clapiers, Castries, Montpellier, Prades-le-Lez, Mauguio ou encore Fabrègues, ce ne sont pas les programmes neufs qui manquent, ni les emplacements.

Permettant une baisse du prix du logement de 15 à 20 %, il ne faut plus vraiment grand-chose pour terminer de convaincre les intéressés. Rompre l’isolement, partager des moments de convivialité, se rencontrer à la buanderie commune et préparer le repas dans une immense cuisine collective, voici quelques arguments à l’appui de l’habitat participatif.

À Montpellier, région où le marché immobilier reste tendu –en atteste la classification en zone A- les avantages financiers de ce mode de vie deviennent non-négligeables pour celles et ceux désirant acquérir un bien au bord de la Méditerranée.

À Mauguio, ce sont 12 maisons individuelles et mitoyennes qui sont implantées en même temps qu’un immeuble de 14 appartements en location sociale. Pour Prades-le-Lez, ce sont 4 logements bioclimatiques et une coopérative d’une dizaine de logements qui voient le jour. En ce qui concerne Fabrègues, 8 maisons mitoyennes doivent sortir de terre avec l’originalité d’être à la fois intergénérationnelles et écologiques. Pour ce qui est de Murviel-lès-Montpellier, ce seront 15 habitations qui sortent de terre, à la fois en acquisition libre et sociale et en offrant également de la location sociale.

Montpellier n’est évidemment pas la seule métropole de France à proposer et innover à propos de ce type d’habitat. Toulouse s’y est aussi mise, à l’instar de Bordeaux.

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Le coliving : la colocation à l’américaine

Dans le même esprit que l’habitat partagé, le coliving est une manière d’habiter quelque peu différente. Nous venant tout droit des États-Unis, ce mode de vie allie à la fois la colocation ainsi que le coworking. Bien plus qu’une chambre sur le modèle des fraternités étudiantes américaines, il est possible, avec le coliving, d’avoir son propre espace complet et entièrement équipé au sein d’une structure qui accueille également des lieux communs.

Avoir son chez-soi (studio, T1, T2 et même T3) dans une maison ou un immeuble, tout en vivant avec les autres, c’est le concept de logement qui séduit. Attirant notamment les jeunes actifs et afficionados des aires urbaines de 18 à 30 ans, le coliving charme celles et ceux tentés par le mode de vie étudiant des USA.

En France, le coliving a débarqué en 2017. Nous retrouvons un peu partout dans le monde ce mode d’habitation : New York, Londres, Amsterdam, Tokyo ou encore Berlin.

Le coliving possède de nombreux avantages. En plus de proposer des baux flexibles avec des durées de séjour variant d’un mois à un an, il est également possible de réaliser quelques économies du fait de la mutualisation des services. Sont partagés financièrement les abonnements Internet et donc le WiFi, les frais de ménage et les places de parking, entre autres.

Le coliving permet de bénéficier d’un espace personnel composé d’une chambre, une cuisine et une salle de bain et de pouvoir partager des lieux collectifs tels qu’un grand séjour-salon.

Montpellier à la pointe du coliving

À Montpellier, ce mode d’habitat n’est pas encore en plein boom mais tend à se diversifier. Plusieurs promoteurs immobiliers à Montpellier se sont déjà mis à la page de cette nouvelle tendance émergente.

En 2019, Axis a investi pas moins de 12 millions d’euros dans une réalisation qui a ouvert ses portes en septembre 2019. Sous la marque The Babel Community, la société propose 90 logements répartis sur 4.500 m².

Suite à cet engouement pour cette nouvelle manière d’habiter, c’est le promoteur immobilier Helenis qui a emboîté le pas et qui met en avant un bâtiment avec des logements allant de 18 à 43 m² meublés par Alinea.

En sus de ces appartements, la construction présente des espaces de coworking, une bibliothèque, une buanderie, des lieux de détente et de loisirs dont une salle de sport, des extérieur et un jardin potager. Situé dans le quartier Hôpitaux-Faculté de Saint-Eloi, la livraison est prévu pour septembre 2021.

Ce concept répandu dans les pays anglosaxons est éligible à trois dispositifs fiscaux dont le Pinel, le louer meublé non professionnel (LMNP) ainsi que le louer meublé professionnel (LMP).

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L’habitat intergénérationnel à Montpellier

L’habitat intergénérationnel est un ensemble de logement visant à accueillir différentes générations comme des étudiants, des familles et des personnes âgées. Au sein d’un même ensemble résidentiel, les logements destinés à chaque type de génération répondent à leurs besoins spécifiques. Par exemple, les habitations pour les personnes âgées seront munies de volets électriques et de barres d’appui installées dans la douche.

Des espaces communs sont également prévus afin de rassembler les occupants : lingerie, salle commune, etc.

L’habitat intergénérationnel participe à des valeurs sociales telles que la solidarité, la lutte contre l’isolement, l’entraide. Visant à offrir une meilleure qualité de vie aux résidents, l’habitat participatif semble être une solution pour contrer la solitude.

En effet, selon une enquête de 2013 de la Fondation de France, intitulée “Les solitudes en France”, l’habitat intergénérationnel participerait à lutter contre la solitude qui touche principalement deux catégories d’âge : les 25 ans qui sortent de la jeunesse et les 65 ans qui entrent dans la vieillesse.

Le nombre de personnes âgées est en constante augmentation en France. Pour cette classe d’âge, le principal défi est, par conséquent, de rester le plus longtemps possible à domicile en gardant du lien social.

Entre junior et senior, les générations montpelliéraines cohabitent

En matière de logements neufs, la ville n’est pas en reste puisqu’elle a aussi investi dans l’habitat intergénérationnel.

À Juvignac, dans le quartier de La Bergerie, Patrimoine SA Languedocienne a entrepris une réalisation en maîtrise d’ouvrage à propos d’une résidence intergénérationnelle appelée Les CoHabitants. Elle intègre plusieurs types de logements dont :

De plus, la résidence contient une micro-crèche ainsi que des espaces intérieurs et extérieurs à partager. La construction se décline en 2 bâtiments de 86 logements. Une première pour la métropole montpelliéraine.

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L’habitat individuel, en passe de se ringardiser ?

Qu’on se rassure, si les nouvelles formes d’habitat en France tendent à se tourner vers des valeurs sociales, de partage et de collectif, il reste encore de très nombreux projets et programmes immobiliers qui sortent de terre au sein des grandes métropoles françaises qui bénéficient d’une classification Pinel.

Si les logements communautaires séduisent les plus jeunes mais aussi les plus âgés, les habitations plus individuelles restent majoritaires, comme en témoignent le panel de logements neufs, recensé par Montpellier IMMO9, et qui rassemble plus de 100 programmes neufs à Montpellier.

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