Montpellier : La Toupie, une nouvelle Folie architecturale sans climatisation au Nouveau Saint-Roch

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le lundi 20 juillet 2026

[ mis à jour le lundi 20 juillet 2026 ]

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À Montpellier, une Folie architecturale d'un genre neuf sort de terre place Dalida, en contrebas de la gare Saint-Roch. La Toupie, immeuble de 19 m porté par six PME (petites et moyennes entreprises) locales, réunira café tiers-lieu, bureaux partagés et rooftop, sans climatiseurs individuels. Lancé au printemps 2026, le chantier doit s'achever en mai 2027, pour un coût de 4 M€ intégralement privé.

Une Folie architecturale de 19 m à l'entrée du Nouveau Saint-Roch

Au croisement des rues Albert-Leenhardt et du Grand-Saint-Jean, les grues sont arrivées au printemps 2026 pour sonner le lancement des travaux de La Toupie. Le futur bâtiment culminera à 19 m pour près de 1 000 m² de surface de plancher. Son financement, 4 M€, repose à 100 % sur les entreprises fondatrices, sans un euro public. Derrière le projet, des noms montpelliérains : Teritéo, La Strada, Coloco, TLA Architectes, Studio Jaouen et Agatte, spécialistes d'architecture, d'urbanisme, de paysage et de transition écologique. Environ 45 personnes y travailleront.

Du Corum à la place Dalida : le rebond de La Toupie à Montpellier

Au XVIIIe siècle, aristocrates et grands bourgeois se faisaient bâtir autour de Montpellier des demeures de plaisance, les « folies ». Trois siècles plus tard, la municipalité commande des immeubles-manifestes, sociaux et bas carbone, en lançant le concours des « Folies architecturales du XXIe siècle ». En mars 2023, le maire Michaël Delafosse décrivait ces projets comme « au rendez-vous des enjeux écologiques de notre siècle » (Ecomnews, 23 mars 2023). Le jury réserve à La Toupie un statut à part, celui de « coup de cœur », hors des quatre lots officiels.

D'abord pressenti près du Corum, le projet est ensuite redimensionné, puis repositionné en 2024 par l'aménageur Altémed sur une dent creuse, une parcelle restée vide entre deux constructions, à l'entrée de la ZAC (zone d'aménagement concerté) Nouveau Saint-Roch. Comme le jouet dont elle porte le nom, La Toupie a rebondi avant de trouver son axe. L'opération d'ensemble couvre 15 hectares d'anciennes friches ferroviaires, avec 1 500 à 1 700 logements selon les sources et 30 000 m² de bureaux et commerces au programme. Le quartier concentre une partie des programmes immobiliers neufs à Montpellier. À deux rues, la tour Higher Roch culmine à 50 m. La Folie densifie, elle, un angle longtemps délaissé.

Sur la parcelle, chacun connaît ce pan de mur ancien, longtemps soutenu par des étais, à l'avenir incertain. L'architecte des Bâtiments de France (ABF) a tranché : le vestige sera intégré au bâtiment neuf. « Ce mur du XVIIe siècle est magnifique et il fallait absolument le préserver », réagit l'architecte Thomas Landemaine, de TLA Architectes, dans le magazine de la Ville et de la Métropole, le 14 juillet 2026. Clin d'œil de l'histoire : la rue Albert-Leenhardt honore un architecte du cru.

Un immeuble sans climatisation conventionnelle, isolé en paille, face aux étés montpelliérains

245 m³ de bois, 125 m³ de paille, 12 m³ d'enduit en terre : la fiche matériaux évoque plus une ferme qu'un immeuble tertiaire. La structure mixte marie béton et bois : au premier l'inertie thermique, au second le bilan carbone allégé. La paille isole l'enveloppe du bâtiment. Ce chantier biosourcé mise aussi sur le réemploi : radiateurs, parquets, tuiles et appareils sanitaires de seconde main, comme le rapporte Midi Libre, qui suit le chantier.

Le confort d'été repose d'abord sur une addition de gestes passifs. Grands volumes, protections solaires, rideaux extérieurs et brasseurs d'air forment la première ligne de défense. Une centrale de traitement d'air (CTA) double flux complète l'ensemble : l'air neuf arrivera prérafraîchi autour de 20 °C grâce au réseau urbain de chaleur et de froid. Le bâtiment se passe donc de climatiseurs individuels, mais garde un rafraîchissement mécanique, alimenté par ce réseau. Le procédé rejoint d'autres expériences locales, de la résidence Théia, à la Cité créative, aux recettes de l'architecture bioclimatique recensées ailleurs en France.

Un tiers-lieu près de la gare Saint-Roch, porté et payé par six PME

Ni équipement municipal ni siège social classique. La Toupie revendique le format du tiers-lieu, cet espace hybride entre travail, culture et vie de quartier. Au rez-de-chaussée, un café ouvert sur la rue servira de porte d'entrée, avec une terrasse sur le parvis. Trois niveaux superposeront des plateaux de bureaux participatifs d'environ 200 m² chacun. Le dernier étage réunira cuisine, salles de réunion et de formation, sous un rooftop de 100 m². Une cinquantaine d'événements gratuits par an sont promis : expositions, conférences, éducation populaire.

Côté gouvernance, la gestion suivra les principes de l'économie sociale et solidaire (ESS) : fondateurs, partenaires, associations et usagers siégeront autour de la table. Côté financement, zéro subvention : la facture sort des caisses des six PME. Laurent Nison, adjoint au maire chargé de l'Urbanisme durable, replace l'objet dans la tradition d'audace de la ville et y voit un levier de fierté pour les habitants du quartier de la gare. Autour, l'offre de logements neufs dans le quartier de la gare Saint-Roch accompagne la mutation du secteur.

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