Les personnalités emblématiques de Montpellier

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SOMMAIRE

Certaines personnalités ont donné à l’histoire de Montpellier ses lettres de noblesse. Tour d’horizon des personnalités originaires de la ville.

Guilhem Ier de Montpellier

Fondateur de la dynastie des seigneurs de Montpellier les Guilhem, Guilhem Ier était un chevalier dévoué au comte Bernard de Melgueil (Mauguio). Ce dernier lui fit don d’un fief en 985, qui devint l’actuelle ville de Montpellier, avec l’accord de l’évêque de Maguelonne Ricuin II. C’est à ce moment, la naissance officielle de la ville de Montpellier. Elle est située entre la Voie Domitienne (voie romaine construite à partir de 115 av. J-C reliant l’Italie à la péninsule ibérique), le fleuve du Lez et la rivière Mosson. Guilhem Ier n’aura aucune descendance directe. Après sa mort, aux alentours de 1025, c’est son neveu Guilhem II de Montpellier qui lui succédera.

François Gigot de Lapeyronie

Né à Montpellier en 1678, François La Peyronie était un chirurgien français, premier chirurgien et confident du roi Louis XV. Reçu Barbier chirurgien à Montpellier, il a fait ses études au collège des jésuites de sa ville avant de devenir étudiant à la Faculté de médecine de Montpellier, où il assiste à des démonstrations d’anatomie publiques et particulières. Ayant un temps été envoyé à Paris pour se perfectionner après obtention de son diplôme de maistre-chirurgien et barbier de Montpellier, il reviendra en 1697 pour faire profiter ses étudiants du savoir acquis dans la capitale. Ses leçons particulières d’anatomie et de chirurgie rencontreront beaucoup de succès. La réussite de plusieurs de ses opérations délicates participera aussi à faire sa réputation. Reçu dans la Confrérie des Pénitents blancs de Montpellier en 1701, il obtient une place de chirurgien en chef à l’Hôtel-Dieu Saint-Éloi de Montpellier qu’il occupera quelques années.

Requis en 1704 par le maréchal de Villars pour remplir des fonctions de chirurgien en chef de l’armée des Cévennes, il retourne à Montpellier en 1709 pour occuper un rang élevé dans la Société royale des sciences de Montpellier. Ayant acquis la survivance de la charge du premier chirurgien du roi en 1719, il deviendra premier chirurgien en chef de la chirurgie du royaume.

Philanthrope, François La Peyronie a passé une majeure partie de sa vie à promouvoir la chirurgie et a légué une grande partie de sa fortune aux établissements qu’il a conservé, augmenté ou créé. Ces établissements étaient consacrés à l’enseignement, à l’exercice et à au perfectionnement de la chirurgie. Membre de diverses Académies étrangères et présidente de l’Académie royale de chirurgie de 1736 à 1747, aucun écrit connu n’a été publié en son nom.

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Jean-Jacques-Régis de Cambacérès

Jurisconsulte et homme d’État français, Jean-Jacques-Régis de Cambacérès est né à Montpellier et était issu d’une famille de magistrats de la vieille noblesse de robe montpelliéraine. Si son enfance est assez pauvre, Jean-Jacques-Régis de Cambacérès a commencé une carrière d’avocat après avoir été diplômé de droit, puis est devenu conseiller à la Cour des comptes du Languedoc. Il a fait son entrée dans la politique dès les premiers jours de la Révolution française.

Ayant occupé les postes de Président du tribunal criminel de l’Hérault en 1791, il sera élu député à la Convention nationale un an plus tard. Cambacérès occupera des postes à haute responsabilité durant la majeure partie de sa vie. Deuxième personnage de l’État lorsqu’il sera nommé archichancelier sous l’Empire.

Beaucoup cité dans la littérature française, notamment par Honoré de Balzac et Jean D’Ormesson pour son amour du faste, Cambacérès est décrit comme un homme aimant particulièrement l’argent, ayant souffert de son enfance quelque peu misérable.

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Paul Valéry

Philosophe, poète et écrivain, Paul Valéry est d’origine corse et génoise. Il étudiera à Sète puis à Montpellier. Il commence des études de droit dès 1889 tout en publiant ses premiers vers dans la Revue maritime de Marseille. De mouvance symboliste, sa poésie prendra un tournant déterminant après sa rencontre avec le poète Pierre Louÿs qui l’introduit dans le cercle d’André Gide et Stéphane Mallarmé.

L’œuvre considérable de Paul Valéry comptant écrits poétiques, artistiques et essais philosophiques en font l’un des parangons de la littérature française. Ayant refusé de collaborer durant l’Occupation, Paul Valéry perdra son poste de secrétaire de l’Académie française et d’administrateur du Centre universitaire de Nice. Connu pour avoir traduit Virgile, les préfaces critiques de Paul Valéry notamment dans Lucien Leuwen,

  • Les Chimères et les Lettres Persanes lui ont aussi donné ses lettres de noblesse.
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    Juliette Gréco

    Née à Montpellier en 1927, Juliette Gréco est l’une des figures emblématiques de la chanson française dont la carrière s’étend sur 7 décennies. Interprète de Raymond Queneau, Jacques Prévert, Léo Ferré, Boris Vian et Serge Gainsbourg, la chanteuse et actrice est d’origine corse par son père et bordelaise par sa mère. Élevée par sa sœur résistante en région bordelaise, elles seront capturées et déportées par la Gestapo lors de l’Occupation. Libérée par la suite à cause de son âge, Juliette Gréco passera la majeure partie de son adolescence à Paris, où elle découvre le bouillonnement intellectuel du quartier Saint-Germain-des-Prés et de la rive gauche. De ses relations amicales avec de jeunes artistes et de ses rencontres, Juliette Gréco deviendra une muse éternelle de Saint-Germain-des-Prés. C’est à partir de 1949 qu’elle fait ses débuts dans la musique, elle recevra en 1951 le prix de la SACEM pour “Je hais les dimanches”. C’est véritablement au début des années 60 que Juliette Gréco connaîtra une consécration lorsqu’elle chante Jacques Brel, Léo Ferré, Guy Béart et Serge Gainsbourg, encore inconnu. Elle se lancera un temps dans le cinéma pour revenir à ses premières amours : la chanson.

    Elle effectuera de nombreuses tournées à l’étranger, notamment dans les années 70 et sera faite chevalier de la Légion d'honneur par le Premier ministre Laurent Fabius, le 23 octobre 1984.

    © CC0 - Joop van Bilsen / Anefo

    Georges Brassens

    Auteur, compositeur et interprète français, Georges Brassens a écrit plus de 200 chansons, dont les célèbres Chanson pour l’Auvergnat, La Mauvaise Réputation ou encore Les copains d’abord. Mettant en musique les poèmes de Victor Hugo, Paul Verlaine ou encore Louis Aragon, Georges Brassens a profondément marqué la chanson française. Né à Sète, le jeune Georges au caractère indiscipliné est rapidement envoyé à Paris chez l’une de ses tantes, ou il découvrira le piano et où il composera ses premiers airs. Fréquentant assidument les bibliothèques, il étudie les grands auteurs et écrit deux premiers recueils poétiques, il recevra d’ailleurs le Grand prix de poésie de l’Académie française en 1967.

    En 1952, après avoir le tour des cabarets parisiens pour leur soumettre ses chansons, Georges Brassens rencontre Patachou, tenant un cabaret sur la butte Montmartre. C’est en mars de la même année qu’il fera ses premiers pas sur scènes, accompagné de son contrebassiste Pierre Nicolas, dont il ne se séparera plus. Georges Brassens enregistra quatre 78 tours chez Polydor grâce à Jacques Cannetti et multipliera les contrats dans les années 50, lui faisant accéder au succès sur la scène musicale française.

    © CC BY-SA 4.0 - André Cros
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