La Culture Montpelliéraine

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SOMMAIRE

La ville de Montpellier profite d’un riche patrimoine culturel hérité des traditions du Languedoc. Terre de soleil où chantent les cigales, l’ex Languedoc-Roussillon a vu naître d’illustres artistes qui ont participé à la renommée et à l’identité culturelle de Montpellier et de sa région. Multiculturel et marqué par une histoire quelque peu mouvementée, la ville a su s’affirmer par son caractère purement méditerranéen.

Son identité entre en consonnance avec la riche histoire de Montpellier.

La langue occitane montpelliéraine

Il existe un dialecte occitan propre à la ville de Montpellier et de ses environs, qui s’étend de l’est de l’Hérault à la ville de Sète. Considéré comme un sous-dialecte languedocien, il est classé dans les parliers languedociens orientaux par la linguistique occitane, aux côtés du cévenol et du bas-vivarois. Il peut à ce titre être considéré comme dialecte transitoire entre l’aire linguistique du languedocien et l’aire provençale.

Très employé dès la fin du XIXème par des auteurs et linguistes notables tels qu’Alexandre Langlade, Jean-Baptiste Fabre, Jean-Frédéric Brun et Alfons de RòcaFerrièr, ce parler a été fréquemment utilisé dans des revues : la Revue des Langues Romanes, La Campana de Magalouna.

Divisé en 3 variétés, la langue occitane montpelliéraine comprend le montpelliérain oriental, utilisé dans le Pays de Lunel et du Vidourle, marquant la transition avec le parler nîmois ; le montpelliérain central, utilisé dans la ville de Montpellier jusqu’à Notre Dame de Londres au nord et le montpelliérain occidental, qui présente certaines affinités avec les parlers languedociens plus septentrionaux. Il est utilisé de Mèze jusqu’aux environs d’Agde et de Bessan.

© Nimlar [Public domain] - Wikimedia Commons

La gastronomie montpelliéraine

Les montpelliérains eux-mêmes ne sauraient dire s’il existe véritablement une gastronomie identitaire à l'Hérault ; pourtant il existe bel et bien une cuisine locale, où le poisson et les fruits de mer sont très utilisés. Comme dans les villes de l’est de la France, on peut retrouver les soupes de poisson légendaires à Montpellier comme la bouillabaisse ou la bourride. Plus proche de Sète, la tielle sétoise est aussi très connue et appréciée : petite tourte fourrée au poulpe et à la sauce tomate légèrement relevée : à l’origine, ce plat était dégusté par les pêcheurs italiens.

Très marine, cette cuisine colorée propose aussi des plats à base de fruits de mer et de crustacés comme la macaronage ou la rouille de sèche, les encornets et les brasucades.

La gastronomie montpelliéraine ne manque pas non plus de douceur puisqu’elle est aussi connue pour la qualité de ses confiseries, notamment avec les grisettes de Montpellier, petits bonbons fabriqués avec du miel de Narbonne et de la réglisse. Plus chocolaté, l’écusson de Montpellier fait aussi parti des mets emblématiques de la ville. Créé par 6 chocolatiers, ce chocolat se compose d’une ganache au Grand Marnier, mélangé à de l’huile de l’olive et de la crème d’amande, saupoudré d’écorces d’oranges hachées.

© CC BY-SA 2.0 - Nikchick

Le vin, produit phare de Montpellier et de sa région

Connue pour ses vins, l’ex région du Languedoc-Roussillon comprend de nombreuses cultures viticoles, qui s’étendent sur une grande partie de l’Occitanie, dont le département de l’Hérault. Le Vin IGP de l’Hérault possède d’ailleurs la dénomination départementale de vin de pays ; celui regroupe 28 appellations de vins sous l’appellation d’”Indication Géographique Protégée”.

Actuellement, les vins de l’Hérault recouvrent deux tiers de production de vins de la même appellation. Typiquement méditerranéens, ces vins sont mondialement reconnus et très appréciés et s’étendent du rouge, rosé en passant par le blanc.

Les vins de l’Hérault comptent une trentaine de cépages dont les principaux concernent les vins rouges et rosés. Parmi ces cépages, on retrouve notamment le grenache, la syrah, le carignan et le cinsault.

Contes et légendes en Hérault

La région du Languedoc est connue pour de nombreuses légendes, dont la plus connue pourrait être celle de la Bête du Gévaudan en Lozère. En Hérault, près de Montpellier les légendes les plus racontées et connues sont celles de la cité engloutie de l’étang de Thau et celle du Pic Saint-Loup.

La cité engloutie de l'étang de Thau

© CC BY-SA 4.0 - Christian Ferrer / Wikimedia Commons

Selon la légende, il serait possible d’apercevoir le clocher d’une ancienne église, engloutie dans l’étang de Thau, proche de Montpellier. L’église en question ferait partie d’une mystérieuse cité engloutie. Datant de l’époque romaine, l’ouvrage d’un certain Rufus Festus Avienus, géographe romain, Ora maritima, décrit l’existence d’une “pauvre et petite cité barbare”, la cité de Polygium.

C’est à la fin des années 70 que l’archéologue Denis Fonquerle fini par découvrir, à 2 mètres de profondeur, les vestiges d’un hameau de cabanes et de roseaux, construites sur pilotis. Aucune église n’y a pourtant été retrouvée.

La légende du Pic Saint-Loup

La légende raconte que par des temps très lointains, un jeune berger appelé Estiennou tomba fou amoureux d’une jeune bergère, Estiennette. Alors qu’un soir de pleine lune le couple gardait leurs troupeaux, ils se jurèrent amour et qu’ils ne se sépareraient jamais.

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Mais lorsqu’un vieux et riche commerçant tomba lui aussi amoureux de la jeune bergère, leur amour s’en trouva fortement ébranlé. Le vieux commerçant proposa une bourse remplie d’or aux parents de la jeune fille en échange de sa main. Pauvre, le père finit par accepter l’échange. Après avoir eu vent de ces manigances, les deux bergers amoureux décidèrent de s’enfuir, jusqu’à se retrouver bloqués par la montagne de l’Hortus. Le vieux commerçant et ses chiens étaient déjà aux trousses des deux amoureux, qui, bloqués, devant la montagne, implorèrent les dieux de leur venir en aide.

Non loin de là, le géant Gargantua les ayant entendus, accourut à leur secours, ému par leurs lamentations. Le géant donna ainsi un coup d’épée dans la montagne, qui par sa puissance, se fendit en deux, créant un passage pour les deux amoureux, qui purent ainsi s’échapper. Le géant captura ensuite le vieux commerçant et l’enferma dans la grotte de l’Hortus, où habitera plus tard l’homme de Néandertal. Prisonnier, le commerçant sanglota et versa des larmes qui devinrent un ruisseau qui coule encore aujourd’hui, au pied du Pic Saint-Loup.

Festivités locales et folklore

La ville de Montpellier est une ville où de nombreux festivals se tiennent chaque année, en rapport à l’art et les traditions sous toutes ces formes. Parmi ces festivités, on retrouve notamment les Rencontres Folkloriques de Montpellier qui ont lieu chaque année place de la Comédie, le Festival des Architectures Vives, le Festival international des sports extrêmes ou encore le festival I LOVE TECHNO, qui se tient à Montpellier depuis 2011.

Les Rencontres Folkloriques de Montpellier

Ce festival organisé chaque année par l’association culturelle La Garriga Lengadociana est tourné vers le partage et la culture des traditions provençales. Au programme : des artistes français ou étrangers, des danses et musiques du terroir, des costumes traditionnels et de nombreuses autres festivités liées au Languedoc.

© CC BY 2.0 - Jean-Louis Zimmerman

Le festival I LOVE TECHNO

Festival de musique électronique et techno créé en 1995 par Herman Schueremans et Peter Decuypere, I LOVE TECHNO a lieu chaque année et était initialement organisé en Belgique. Ayant accueilli de nombreux artistes de la scène techno comme Richie Hawtin, Justice ou Daft Punk, l’évènement attire chaque année des spectateurs de toutes nationalités. Produit à Montpellier, le festival se nomme maintenant I Love Techno Europe.

Organisé au Parc des expositions de Montpellier à côté de l’Arena, les éditions de 2015, 2016 et 2017 ont produit de nombreux artistes à la fois français et de la scène internationale tels que Laurent Garnier, Paul Kalkbrenner, Dave Clarke, Woralks, Petit Biscuit ou encore Sam Paganini.

Histoire de Montpellier