Urbanisme et architecture à Montpellier

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SOMMAIRE

Née en plein Moyen-Âge, la ville de Montpellier s’érige sur un ensemble de collines constituant un dialogue permanent entre les littoraux et les ondulations bas-cévenoles. L’histoire de Montpellier a été profondément mouvementée et marquée par de nombreux évènements ayant contribué parfois à sa perte mais aussi à sa renommée. Les monuments historiques érigés à Montpellier témoignent de son riche passé, tantôt noble, tantôt pauvre. Riche de son patrimoine architectural traversant toutes les périodes de son histoire, la ville de Montpellier réunit certains monuments et sites historiques incontournables du Languedoc.

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Les sites et monuments de Montpellier

Parmi les sites emblématiques de la ville de Montpellier, son centre-ville est l’un des plus fréquentés et des plus visités. Appelé l’Écusson pour sa forme en écu, le cœur historique a conservé son architecture haussmannienne et ses boulevards suivant les tracés des anciennes murailles de la ville. Actuellement, deux éléments subsistent de cette période, malgré quelques dégâts causés par les croisades et le démantèlement ordonné par le Cardinal Richelieu.

La tour de la Babote

Haute de 26 mètres, la tour de Babote est l’un des vestiges les plus anciens des remparts de Montpellier. De la fin du XIIème au début du XIIIème siècle, cette tour a protégé la ville de Montpellier et est l’un des éléments restant des 25 tours de son ancienne enceinte fortifiée. Devenue un observatoire d’astronomie dès 1739, elle sera un lieu d’expériences et d’observation scientifiques durant de nombreuses années, notamment pour le physicien Louis-Sébastien Lenormand. La tour y a aussi abrité le télégraphe Chappe et est devenue le siège de la Fédération d’astronomie populaire amateur du Midi depuis 1981. Désormais, la Babotte accueille le club d’échec de Montpellier.

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La tour des Pins

Située boulevard Henri VI, la tour des Pins était elle aussi un élément de l’ancienne ville fortifiée de Montpellier, aux côtés de la tour de la Babotte, de la porte de la Blanquerie et de la Porte du Pila Saint-Gély. Sa fonction défensive a été abandonnée en 1592 pour devenir une habitation, puis une prison en 1792, sous la Révolution. Achetée par la ville en 1809, la tour a en suite abrité un asile de jeunes filles repenties, remplacé par la suite par une congrégation religieuse jusqu’en 1861. Après une restauration, les archives municipales de Montpellier y seront transférées en 1886.

Depuis 2003, la tour des Pins est devenue un lieu où siègent deux associations de tradition montpelliéraine : la confrérie des Barons de Caravètes et La Garriga. Une plaque y célébrant le souvenir de Jacques ier d’Aragon, seigneur de la ville Montpellier y est également apposée en façade.

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L’hôtel Jacques Cœur

Parmi les plus beaux monuments de la ville de Montpellier, l’hôtel Jacques Cœur est incontournable. Aujourd’hui appelé le Palais des Trésoriers de France, il a été bâti par Jacques Cœur, illustre argentier du roi Charles VII, pour en faire un centre d’activités commerciales, puis par la suite, une demeure pour les gouverneurs du roi. Le lieu est l’un des plus anciens hôtels particuliers de la ville. Il a été acquis dès 1632 par les trésoriers et grands voyers de France. Première demeure historique de Montpellier, l’hôtel est édifié sur 3 étages, ses façades dévoilent les fastes architecturaux de l’époque haussmannienne. Connue pour avoir été un pied à terre de nombreux souverains, l’hôtel accueillit François Ier, Henri de Navarre, Louis XIII, Anne d’Autriche et bien d’autres.

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Les folies Montpelliéraine

La folie montpelliéraine désigne les maisons de plaisance bâties sous l’Ancien Régime par la noblesse de robe et la riche bourgeoisie de la ville. L’écriture architecturale des folies montpelliéraines disposent d’éléments propres, aujourd’hui classés pour la plupart, ces édifices ont connu leur âge d’or lors du XVIIIème siècle sous l’impulsion d’architectes languedociens dont la dynastie des Giral. Parmi les folies les plus notables de Montpellier, on retrouve les monuments suivants :

Le château de Flaugergues

Situé à l’est de Montpellier près du domaine de Grammont, le château de Flaugergues était à l’origine un domaine acheté en 1696 par Etienne de Flaugergues, conseiller à la Cour des comptes de Montpellier. Il lui donne son nom et embellit la propriété pendant près d’un demi-siècle.

Le château devient par la suite la propriété de la famille Boussairolles puis se transmet de succession en succession sans jamais être revendu. Connu pour son jardin exceptionnel, l’ensemble revêt des façades de pierres de taille, lui donnant l’apparence d’une villa italienne du XVIIème siècle. Classé monument historique depuis 1986, le château est aujourd’hui un lieu de visites touristiques en Hérault.

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Le château de la Mosson

Ce château situé au bord de la rivière de Mosson est à la limite de Montpellier et de Juvignac. Construit entre 1723 et 1729 en partie par le sculpteur Nicolas Sébastien Adam et par Joseph Bonnier propriétaire du domaine et trésorier des États du Languedoc. Le domaine sera revendu à sa mort par sa femme et sera en partie démantelé.

Il est connu pour ses sculptures dont certaines ont su résister au temps. L’ensemble du domaine est aujourd’hui un site protégé et de nombreux vestiges ont été classés monuments historiques en 2003.

De nombreux vestiges architecturaux de l’époque des folies montpelliéraines subsistent encore à Montpellier et dans ses environs. Parmi ces monuments classés, certains font aujourd’hui l’objet de restauration et sont devenus des lieux de visites : les châteaux de Bionne, de la Mogère, d’Alco, d’O, Levat...etc.

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Les quartiers historiques de Montpellier

La faculté de Médecine

La faculté de médecine de Montpellier est la plus ancienne école du monde occidental et a été un haut lieu d’expérimentation et de progrès en matière de médecine, puisqu’elle y a été le lieu de la première autopsie. Située dans le centre-ville de Montpellier, les ensembles hospitaliers de la ville se trouvent à proximité. Créée en 1920, la faculté a été classée monument historique en 2004 et abrite aujourd’hui une bibliothèque regroupant plus de 900 volumes manuscrits, 300 incunables, 100 000 volumes imprimés antérieur à 1800 et toutes les thèses des facultés de Montpellier et de Paris depuis le XVIIème siècle.

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La place de la Canourgue

Plus ancienne place de la ville de Montpellier, la place de la Canourgue est née entre 1601 et 1629 sur les ruines d’une ancienne église. Située dans le fameux quartier de l’Écusson, la place est délimitée par les rues Saint-Pierre, de l’Hôtel-de-Ville, du Palais-des-Guilhem et de la Sainte-Croix. Elle est connue pour être l’une des plus belles places de la ville. Bancs, terrasses et jardin lui donnent un caractère romantique.

La place de la Comédie

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La place de la Comédie est un lieu de passage obligé à Montpellier ! Situé en plein centre de la ville, la place est aussi appelée “place de l’œuf” par sa forme ovale. Vaste espace piéton, la place est dominée par l’opéra Comédie, à laquelle elle doit son nom. Elle abrite la fontaine des Trois Grâces et ses déesses emblématiques grecques : Aglaé, Euphrosine et Thalie, de larges terrasses de cafés et de restaurants et beaucoup d’artistes de rue.

Les monuments religieux de Montpellier

La cathédrale Saint-Pierre

Cette cathédrale catholique se situe au cœur de la ville de Montpellier dans le quartier de l’Écusson. Monument d’architecture gothique, la cathédrale Saint-Pierre est la plus grande église de l’ex-région Languedoc-Roussillon. À l’origine créée pour être une chapelle du Monastère-Collège Saint-Benoît Saint-Germain, l’église fût érigée en cathédrale dès 1536 quand le siège épiscopal a été transféré de Maguelone à Montpellier. La cathédrale a survécu aux évènements mouvementés de l’histoire de la ville dont les guerres de religions.

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L'église Saint-Roch

De style néo-gothique, l’église Saint-Roch au centre-ville de Montpellier a été construite au XIXème siècle. Dédiée au saint guérisseur des pestiférés et des pèlerins, l’église est au centre d’un sanctuaire et est une étape incontournable pour les pèlerins des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle. En partie détruite lors du siège de la ville en 1622, l’église a pu bénéficier d’une cotisation populaire pour sa reconstruction entre 1860 et 1868 par l’architecte Cassan. Le projet fût soutenu par le maire de la ville : Jules Pagézy.

Constituée de trois vaisseaux, l’église n’a pu être achevée.

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Histoire de Montpellier