Le nouveau CHU de Montpellier : un chantier innovant et colossal

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Avatar de l'auteur "Charlotte GUEHENNEC" Charlotte Guehennec

le 26 février 2021

SOMMAIRE

Le nouveau CHU de Montpellier : un chantier innovant et colossal

Le constat est sans appel : le 7 ème hôpital de France a besoin d’une restructuration globale pour résoudre ses problèmes de vétusté, de sécurité et d'organisation. Une transformation et une modernisation détaillées dans le livre blanc qui prévoit un investissement massif sur 20 ans. Un budget de près d’ 1 milliard d’euros à la hauteur de l’ambition du nouveau CHU de Montpellier.

©Unkas Photo

Un ensemble immobilier repensé au sein de l’hôpital de Montpellier

Sur 67 hectares, le centre hospitalier universitaire de Montpellier accueille 2 576 lits, 5 blocs opératoires, et 50 salles pour 45 000 interventions chaque année. Il est situé dans le quartier des Hôpitaux- Facultés , un secteur en forte croissance démographique. À ce jour, plus de 411 000 patients annuels se rendent au CHU qui comprend 8 établissements de santé et 1 campus hospitalo-universitaire.

Des chiffres à l’image de l’importance de l’hôpital dans l’Hérault. Pour maintenir son rayonnement dans le département, le directeur du CHU et le président de la Commission Médicale d’Établissement ambitionnent de faire monter en gamme la structure hospitalière. Avec ce projet de grande envergure, Montpellier développe son parc immobilier neuf.

Les projets prioritaires de ce grand plan de réaménagement seront à réaliser jusqu’en 2030, et s’orientent autour des axes suivants :

  • Moderniser et réhabiliter les unités de soins : les hospitalisations, l’accueil des patients, et les conditions de travail du corps médical et administratif seront améliorés
  • Sécuriser les infrastructures et les services du site 1 (les zones Arnaud de Villeneuve, Lapeyronie et La Colombière)
  • Innover et promouvoir les projets des équipes médicales

En premier lieu, les travaux comprendront une phase de rénovation et de sécurisation de l’existant. Plus de 500 millions d’euros sont ainsi alloués à la réfection et à la sécurisation des bâtiments face aux risques d’incendies et d’inondation. Le Plan de Prévention du Risque Inondation (PPRI) indique en effet que les sites d’Arnaud-de-Villeneuve et Lapeyronie peuvent être exposés lors d’un épisode pluvieux très intense.

Les premières actions de modernisation comprennent la mise en place de la climatisation et l’installation de douche dans toutes les chambres. 190 lits d’hospitalisation seront également livrés avant 2024 aux services de santé dédiés à la gérontologie, aux soins de longue durée et aux soins palliatifs.

Pour assurer le développement de son établissement de santé, le CHU doit néanmoins faire face à quelques contraintes immobilières. Malgré ses 67 hectares de foncier, le parc hospitalier dispose de 16 % de bois classés inconstructibles. Les zones constructibles imposent elles une hauteur maximale qui n’est pas homogène.

Aussi, ce vaste projet prévu sur deux décennies regroupera stratégiquement l’ensemble de ses activités médicales sur une même zone allant de La Colombière à Arnaud de Villeneuve. Un programme d’envergure qui offrira un visage plus contemporain de l’hôpital aux Montpelliérains.

Construire de nouveaux bâtiments

Une des phases de construction du nouveau CHU de Montpellier concerne la livraison du “nouveau Lapeyronie”, opérationnel à l’horizon 2035. Ce bâtiment des urgences accueillera aussi le pôle neurosciences et le pôle mère-enfants qui comprend les services de gynécologie, pédiatrie et maternité. Prévu à la place du centre administratif André Bénech et du parking de l’entrée, ce nouvel immeuble de 7 étages aura une superficie totale de 100 000 m².

Ce site a pour vocation de regrouper les urgences, les services d’hospitalisation, les centres d’imageries et blocs opératoires, ainsi que les activités dédiées à l’enseignement et à la recherche.

À proximité, une maison de garde accueillera une unité ambulatoire de médecine générale, et une nouvelle hélistation sera bâtie sur le toit du parking des urgences.

La construction du bâtiment unique de biologie médicale est une étape majeure et prioritaire du nouveau CHU. À proximité de la faculté de médecine, ce nouveau pôle au sein de l’hôpital regroupera 18 des 22 laboratoires du site. Livré fin 2024, il sera d’une surface de 21 000 m².

Respectant une démarche “d’humanisation et modernisation”, la Cité des Fragilités , sur la zone de l’hôpital de la Colombière est en service depuis le 1er février 2021.

Dès 2023, elle accueillera le service d’addictologie et à terme, elle proposera une unité de soins longue durée et de soins palliatifs. Dans une aile annexe, la Cité des Fragilités développera un pôle de gérontologie avec 190 lits d’hospitalisation.

La Cité accueille déjà le nouvel immeuble neuf dédié aux maladies infectieuses et tropicales, qui se compose de salles réservées à la recherche clinique sur les virus, comme Ebola ou plus récemment la COVID-19 :

  • Un budget de 11 041 000 €
  • Environ 3 300 m² de surface exploitée
  • 9 salles de consultations
  • 4 boxes de prélèvements
  • 18 500 consultations annuelles possibles

Un budget hors normes pour construire le nouveau CHU

Près d’1 milliard d’euros. C’est le montant colossal dédié à la refonte du nouveau CHU de Montpellier. 450 millions d’euros sont dédiés à la période 2020-2030, et 500 millions d’euros à la décennie 2030-2040. Un budget qui semble faramineux mais qui permet une restructuration complète et nécessaire du site hospitalier.

Pour financer ces travaux, le CHU envisage d’intégrer le dispositif national de reprise de la dette des hôpitaux, lui permettant de récupérer la somme de 71 millions d’euros. Une demande de subventions d’investissements amortissables est également à l’étude. Des aides qui une fois accordées, seraient évaluées à 355 millions d’euros.

Dans le détail, la plus grosse partie du budget concerne la sécurité. 41,5 millions d’euros sont en effet dédiés à la protection incendie des bâtiments, et 15 millions d’euros sont attribués à la prévention des risques d’inondation avec la construction d’un “mur digue” et d’un système de collecte des eaux pluviales. 25 millions d’euros supplémentaires concernent les travaux électriques et l’extension de la centrale d’eau glacée.

156 millions d’euros réservés à la recherche et à l’innovation médicale

4 projets d’innovation vont bénéficier d’un investissement financier massif :

  • Le bâtiment unique de biologie médicale de 21 000 m²
  • L’extension du pôle cœur-poumons sur 4 000 m² et 5 niveaux
  • La plateforme CARTIGEN : dédiée aux pathologies musculo-squelettiques
  • L’extension de l’institut de Formation aux Métiers de la Santé
© A G Baxter-Shutterstock

Le CHU Montpellier : 3ème employeur d'Occitanie

Avec 11 827 personnes travaillant au CHU Montpellier, l’hôpital montpelliérain est le 3 ème employeur de la région Occitanie derrière le CHU de Toulouse et Airbus. C’est aussi le 1er employeur de l’Hérault, avec 2,87 % des emplois du département répartis en 150 corps de métiers différents. Le développement du CHU va pérenniser son impact sur la vie économique locale. Chaque année, les retombées positives de l’hôpital sur le territoire héraultais sont évaluées à 1,8 milliards d’euros.

En 2018, les achats réalisés par le CHU de Montpellier ont représenté 34,91 millions d’euros. Il est estimé que 63 % de cette somme ont bénéficié à des entreprises de la région Occitanie, et 44 % à des société héraultaises.

Le quartier des Hôpitaux- Facultés en plein essor

Situé au Nord-Est de la ville, le secteur des Hôpitaux-Facultés fait partie des 7 quartiers de Montpellier. Essentiellement résidentiel, il dispose de plusieurs parcs : le parc zoologique, le bois de Montmaur, le domaine du Château d’Ô ou encore le domaine de Meric. Plusieurs infrastructures sportives y sont également présentes : le Palais des Sports René Bougnol, le Palais universitaire des sports et le Centre Sportif Universitaire de la Motte Rouge.

Le quartier des Hôpitaux- Facultés est un secteur calme et prisé, apprécié des Montpelliérains. Près de 26 000 habitants vivent dans ce secteur, où l’on compte 82 % de locataires et 18 % de propriétaires de leur logement.

Le parc immobilier du quartier se compose de 91 % d’appartements contre 9 % de maisons. Une tendance qui peut notamment être expliquée par la forte population étudiante locale.

Des indicateurs favorables à l’investissement locatif dans ce quartier de Montpellier. .

Avec plus d’une trentaine de cursus différents possibles, près de 10 000 étudiants gravitent dans ce quartier et viennent étudier dans les multiples campus universitaires :

Bien que majoritairement étudiant, le quartier du CHU de Montpellier accueille également des familles, qui apprécient la tranquillité des lieux. Des établissements scolaires et de petite enfance accueillent par ailleurs les plus jeunes : l’école maternelle Charlie Chaplin, l’école primaire François Mitterrand, le collège Jeu de Mail, le lycée professionnel privé Turgot, et l’école élémentaire d'application Eugène Pottier-Jean Sibelius.

Le quartier est desservi par les lignes T1 et T5 du tramway et dispose de 7 stations de vélo en libre-service. Il est également traversé par la route D65.

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